finance

Amortissement

Étalement comptable de l'usure d'un actif sur sa durée de vie utile.

Définition

L'amortissement traduit comptablement la perte de valeur d'un bien durable (matériel, logiciel, véhicule) sur sa durée d'usage. C'est une charge non monétaire : elle réduit le résultat mais pas la trésorerie. Un actif amorti à 100% reste utilisable mais n'apparaît plus au bilan.

Durées d'amortissement standard en France et Belgique

Le PCG français impose un amortissement sur durée d'utilisation économique réelle. Durées d'usage admises par la DGFiP : matériel informatique 3 ans, logiciels 1-3 ans, mobilier 5-10 ans, véhicules 4-5 ans, agencements 8-10 ans, immeubles 20-50 ans selon nature. En Belgique, le SPF Finances accepte des durées similaires avec une marge pour amortissements dégressifs sur matériel productif. En Suisse, le droit fiscal cantonal et l'AFC fédérale autorisent souvent des amortissements accélérés sectoriels. Au Québec, Revenu Québec applique la déduction pour amortissement (DPA) par catégories d'actifs avec des taux spécifiques.

Amortissement linéaire vs dégressif

L'amortissement linéaire répartit la charge également sur la durée d'utilisation. L'amortissement dégressif applique un coefficient (1,25 à 2,25 en France selon la durée) sur la valeur nette comptable, ce qui accélère la déduction les premières années. Pour une SARL française achetant une machine industrielle de 100 000 EUR sur 8 ans, le dégressif déduit 28 750 EUR la première année (vs 12 500 EUR en linéaire), améliorant immédiatement la trésorerie via la baisse d'impôt. Le suramortissement industriel temporaire à 40% reste disponible sous conditions pour certains investissements numériques et robotiques.

Impact trésorerie : l'amortissement ne sort pas de la banque

C'est le piège conceptuel le plus fréquent. L'amortissement réduit le résultat comptable et donc l'impôt sur les sociétés, mais ne sort pas de la trésorerie. Un dirigeant qui regarde son résultat panique parfois pour une charge qu'il ne paie pas. À l'inverse, l'achat de la machine sort la trésorerie en une fois, sans charge correspondante dans le P&L l'année d'achat. La capacité d'autofinancement (CAF = Résultat net + Amortissements + Provisions) corrige cette distorsion et donne le cash réellement généré. C'est l'indicateur banquier de base pour évaluer la capacité de remboursement.

FAQ

Amortissement obligatoire en France ?

Oui, depuis la loi sur la dépréciation des actifs. Ne pas amortir un actif amortissable engage la responsabilité du dirigeant et peut conduire à des redressements DGFiP. Les seules exceptions : terrains, oeuvres d'art, actifs financiers.

Suramortissement industriel : toujours disponible ?

Le dispositif de suramortissement à 40% a été reconduit plusieurs fois pour les investissements industriels et numériques. Vérifiez les versions en vigueur 2026 sur le site de la DGFiP. En Belgique, déduction pour investissement à 13,5% pour les PME sur certains actifs technologiques.

Comment l'AFC traite-t-elle l'amortissement ?

L'AFC fédérale accepte les amortissements selon des taux publiés par activité (taux normaux annuels admis). Les cantons peuvent admettre des taux différents pour leur impôt cantonal. Une SARL suisse peut amortir un véhicule à 40% par an dégressif sans difficulté.

L'amortissement est-il une charge déductible ?

Oui, en France, Belgique, Suisse et Québec, dans la mesure où il porte sur des actifs réellement utilisés à l'activité et selon les durées admises par l'administration fiscale. C'est l'un des leviers fiscaux les plus puissants pour réduire l'impôt sans toucher la trésorerie.

Dans votre entreprise

  • L'amortissement protège du surinvestissement caché
  • Distinguez résultat (avec amortissement) et trésorerie (sans)
  • Conservez la traçabilité des actifs amortis mais encore en usage

Termes connexes

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